à propos
Exprimer l’invisible : L’art de prendre la parole s’est tenu le 25 septembre 2025 à la Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ). Cet événement PAR ET POUR a réuni des personnes avec savoirs expérientiels (PSE), des artistes, des intervenant·e·s communautaires, des chercheur·e·s et le grand public autour d’une journée de présentations, d’échanges et d’exposition d’œuvres artistiques.
Conçu et mené par des personnes directement concernées par la dépendance, l’itinérance, la santé mentale, la judiciarisation et le travail du sexe, l’événement visait à valoriser l’art comme moyen d’expression et à reconnaître l’expertise issue du vécu. La programmation et les activités ont été co-construites par un comité organisateur composé de personnes avec savoirs expérientiels et leurs allié·e·s.
Rien sur nous, sans nous.
célébrer l’art et les savoirs expérientiels des populations marginalisées
Objectifs de l'évènement
- Promouvoir l’art comme outil d’expression, de dialogue et d’empowerment pour les personnes marginalisées
- Mettre en lumière les réalités vécues et l’intersectionnalité des oppressions auxquelles font face plusieurs communautés
- Créer un espace inclusif favorisant les échanges entre personnes concernées, chercheurs, intervenants, artistes et grand public
- Faire connaître des initiatives PAR ET POUR ainsi que des approches artistiques utilisées en recherche et en intervention
- Contribuer au rayonnement du Québec à travers une initiative innovante par et pour les personnes concernées.
Public visé
L’événement a rassemblé :
- des personnes avec savoirs expérientiels (PSE)
- des acteurs des milieux de la santé et du communautaire
- des décideurs et acteurs institutionnels
- des artistes et art-thérapeutes
- le grand public
Le Comité
Cet événement est le fruit du travail du comité organisateur, dont l’engagement et le dévouement ont permis de le concrétiser. De la conception à la mise en œuvre, ces personnes ont joué un rôle clé à chaque étape. Faites leur connaissance ici !
Myriam Le Lan
Marie-Eve Simard
Intervenante féministe, candidate à la maitrise en sociologie et détentrice d’un savoir expérientiel en lien avec la dépendance et la psychiatrisation, Marie-Ève Simard porte un regard critique sur les violences institutionnelles, les inégalités de santé et les rapports de pouvoir qui structurent l’expérience des femmes ayant reçu un diagnostic de trouble de santé mentale, tout en s’intéressant aux formes de résistance et d’agentivité qui émergent au sein même de ces contraintes. Elle travaille auprès de personnes utilisatrices de drogues dans une approche de réduction des méfaits et défend des pratiques alternatives qui placent l’autodétermination au centre de l’intervention, en rupture avec les logiques punitives, coercitives et carcérales.
Thomas Haig
Thomas Haig est professionnel de recherche dans le département de santé communautaire à l’Université de Sherbrooke, campus de Longueuil où il coordonne des projets de recherche visant à développer des interventions et services en dépendance inclusifs, accessibles et adaptés aux besoins de diverses clientèles, dont les femmes et les personnes des communautés 2SLGBTQI+. Il a travaillé auparavant dans le mouvement de lutte contre le VIH/sida et dans la promotion de la santé sexuelle au sein du milieu communautaire. Sa passion depuis 30 ans est de faciliter la réalisation de projets innovateurs qui font appel aux savoirs scientifiques et expérientiels pour améliorer le mieux-être des communautés et réduire les iniquités en santé. Dans le cadre d’Exprimer l’invisible, il a collaboré au développement du projet et a soutenu en particulier la gestion des budgets et des activités de recherche participative.
Isabelle Boisvert
Isabelle Boisvert est responsable des partenariats par et pour à l’Initiative canadienne de recherche sur les impacts des substances psychoactives (ICRIS-CRISM), ainsi que co-chercheure pour la Cohorte Femmes+ au Centre de recherche du CHUM (CRCHUM) et à la Chaire de recherche sur le genre et l’intervention en dépendance. Forte d’une expertise à la fois professionnelle et expérientielle, elle œuvre depuis plusieurs années au développement d’approches de recherche communautaire, de mobilisation des connaissances et de stratégies de recrutement menées par les pair·es auprès de populations marginalisées, en collaboration avec des organismes communautaires, des chercheur·euses et des personnes avec savoirs expérientiels.
Elle développe des partenariats stratégiques et des approches d’engagement visant à soutenir la participation significative des personnes qui utilisent des drogues dans la recherche. Elle a notamment développé des cliniques de recherche communautaires à Montréal et dirigé un article scientifique portant sur l’efficacité des stratégies de recrutement menées par les pair·es. Elle présente régulièrement ses travaux lors de conférences provinciales, nationales et internationales et agit également comme consultante auprès de différents organismes et institutions, dont le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS), le Collège des médecins du Québec et ChangeMark Research + Evaluation.
Son parcours personnel inclut une expérience vécue liée à l’usage de substances, au traitement par agonistes opioïdes (TAO) et de l’hépatite C, à l’itinérance, au travail du sexe, à la réduction des méfaits et au rétablissement. Cette trajectoire nourrit une approche profondément ancrée dans l’équité, la réduction des méfaits et la reconnaissance des savoirs expérientiels.
Elle est l’initiatrice et coordonnatrice du projet Exprimer l’invisible, une démarche artistique, communautaire et de mobilisation des connaissances par et pour les personnes concernées par la consommation de substances, la santé mentale, l’itinérance, la judiciarisation et le travail du sexe. Dans le cadre de cette initiative, elle assure la coordination générale du projet en étroite collaboration avec le comité organisateur composé de personnes avec savoirs expérientiels et allié.es, incluant la supervision des équipes, la planification logistique et événementielle, la recherche de financement, la gestion budgétaire, le développement des partenariats et la programmation des différents volets. Son implication couvre également la sélection des contenus artistiques et vidéo, le développement des identités visuelles et du matériel de diffusion, la sélection d’artistes et conférencier·ères, ainsi que la coordination du volet recherche et la documentation du processus participatif. À travers ce travail, elle contribue activement au rayonnement de l’initiative, au transfert des connaissances qui en découlent et à la pérennité du mouvement Exprimer l’invisible.
Jeannine Foisy
- Je suis membre du comité organisateur
- La veille, le montage des salles
- Responsable et préparation de l’accueil le jour de l’événement
- Responsable et planification du safe space pendant la journée
- De mettre en lien les 2 coopératives de communications (l’Argot et WebTV) pour offrir la traduction des conférences en version anglaise.
- J’ai participé aux rencontres du comité recherche d’exprimer l’invisible où nous avions la responsabilité d’inscrire les processus que nous menions pour l’organisation dans un document de méthodologie pour l’analyse des résultats.
- J’ai contacté et invité les 2 organismes communautaires (Anonyme et le GRIP) pour avoir la présence de leur minibus bénévolement pendant la journée (test de substance et bus de conso)
- De faire le démontage des salles à la fin de la journée
- Et l’entrevue de recherche avec Léonie
Geneviève Fortin
Geneviève Fortin est une artiste multidisciplinaire, autrice et performeuse dont la pratique puise dans l’expérience vécue, la révolte et la solidarité. Diplômée en travail social et responsable des communications à l’Institut universitaire sur les dépendances, elle conjugue engagement artistique et implication dans les milieux de la recherche et de l’intervention.
De l’expérience carcérale à la reconstruction personnelle, son parcours nourrit une pratique où l’art devient prise de parole. Cofondatrice et vice-présidente du collectif « Art Entr’Elles », elle milite pour la reconnaissance de la parole des femmes judiciarisées dans les espaces artistiques et sociaux. Son travail a été exposé, performé et publié, notamment dans l’ouvrage Des deux côtés de la prison.
Dans le cadre d’Exprimer l’invisible, Geneviève Fortin contribue à la conception et à la mise en valeur de l’événement, notamment par le développement des outils de communication, la structuration des contenus et le soutien à la diffusion. Son implication vise à soutenir une prise de parole portée par les personnes concernées, où les savoirs expérientiels guident les messages, les contenus et les espaces de dialogue.
Mélodie Talbot
Mélodie Talbot est une organisatrice communautaire et une personne
détentrice d’un savoir expérientiel impliquée dans la représentation des
personnes qui utilisent des drogues depuis plus de 14 ans. Organisatrice
communautaire au sein de l’AQPSUD, impliquée dans la GID et co-organisatrice du projet Exprimer l’invisible, elle œuvre à l’intersection de la réduction des
méfaits, de la promotion de la santé et de la défense des droits des personnes qui utilisent des drogues.
Son travail s’inscrit dans une approche ancrée dans les droits humains, la justice sociale, l’empowerment collectif et la reconnaissance des savoirs expérientiels. Ayant elle-même traversé plusieurs deuils liés aux conséquences de la guerre à
la drogue, dont la crise des surdoses, elle a développé des ateliers de discussion sur le deuil ainsi que des guides visant à créer et multiplier des espaces
sécuritaires où les personnes peuvent exprimer, partager et collectiviser leurs expériences de perte et de survivance.
Rôle dans Exprimer l’invisible :
- Co-organisation : Isabelle et moi avons eu une conversation sur l’importance de l’art en réduction des méfaits et quel impact l’art avait eu sur nous. Nous avions aussi confiance en nos capacités d’organisé une journée créer par des Personnes avec savoir expérientiel/personnes qui utilisent ou qui ont utilisés des drogues.
- Organiser Exprimer l’invisible n’a pas été simple car tous étaient pensé, jusqu’au plus petit détails. C’est lors des rencontres du comité organisateur qu’on s’assurait que tout se coordonnait ensemble et qu’on avançait à un bon rythme. Nous avions un noyau solide de personnes qui ont aidés à organiser la journée sans qui ce n’aurait été possible.
Panel
J’ai co-construit le panel avec Flo. Nous avions vraiment à cœur de réunir une diversité de personnes et d’expériences afin d’aborder différentes réalités et de montrer qu’il existe plusieurs façons d’intégrer l’art à la réduction des méfaits. Nous voulions aussi que les panélistes se sentent soutenu·es et accompagné·es dans le processus. Pour cette raison, nous avons organisé deux rencontres préparatoires où nous leur avons demandé leur avis sur le déroulement, les
thèmes et les questions. Nous avons également pris le temps d’identifier avec eux-elles les sujets avec lesquels ils-elles se sentaient le plus à l’aise de parler.
Parmi les panélistes, certaines personnes détenaient un savoir expérientiel et ont pu témoigner des retombées que l’art et ces projets ont eues dans leur vie. Nous avons aussi invité des personnes ayant développé des initiatives mêlant art et
réduction des méfaits afin de montrer que ces projets sont possibles et qu’ils peuvent avoir des impacts importants, autant pour les participant·es que pour les personnes qui les organisent.
La table ronde
Lors de la journée Exprimer l’invisible, j’ai eu le plaisir d’animer la table ronde.
Ateliers d’art
Nous avons eu une suite de 2 ateliers d’art avec des personnes
qui consomment des drogues ou qui ont consommés des drogues et/ou des personnes avec un savoir expérientiel. Nous avions seulement 6 places donc ça été super facile de trouver des personnes qui étaient motivés et intéressés de faire une œuvre d’Art collective qui signifiait : Exprimer l’invisible. Jessica et moi avons coanimé les ateliers d’art et ce fut un franc succès vu nos caractères différents qui se complétaient super bien. Nous avons pu prendre le temps avec eux de vraiment réfléchir à ce qu’on faisait comme art et qu’est-ce que cela représentait pour les personnes qui créaient. Jessica a créé le torse et la tête d’un humain en fil de fer et les participant.es ont remplis cette structure d’art de toute sorte, qui représentait bien les choses qui ne sont pas toujours visible mais que nous les ressentons.
Un des moments les plus marquants des ateliers a été quand les personnes, à tour de rôle, nous ont partagé la signification de leurs œuvres. Ce fut super agréable de créer un espace sans jugement, ouvert, à l’écoute. C’était vraiment important pour Jessica et moi que les ateliers d’art soient un endroit sécuritaire pour s’exprimer. Si on regarde les retombées de ces activités, c’est à se demander pourquoi il n’y
en a pas à l’année longue!
Ateliers d’Art sur place :
Lors de la journée d’Exprimer l’invisible, Jessica et moi, à l’aide de quelques personnes sur place, avons animé un atelier d’art collectif. En effet, pendant la plupart de la journée, les participant.es venaient s’exprimer avec leur art sur un immense canva. C’était aussi à nous de l’installer pendant le speech final pour que les gens présent.es reviennent dans la grande salle pour le 5 à 7 et voient la grosse toile que nous avons créé tous ensemble.
Analyse des retombées avec l’équipe en recherche
J’ai fait les focus group avec les panélistes et avec les personnes qui ont participés aux ateliers d’art à l’AQPSUD avec Léonie Archambeault et Antoine
Bertrand.
Barbara Rivard
Flo Martel









